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Messieurs Chirac, Raffarin et Sarkozy portent l'énorme responsabilité d'avoir fait de l'islam, avec le Conseil Français du Culte Musulman, une "religion d'Etat" selon l'expression du cardinal Lustiger. Autour de cette religion d'Etat, pour l'instant financée par la République française mais sous l'influence de nations islamiques, un "Etat dans l'Etat" ne naîtra-t-il pas un jour ? Est-il complètement déraisonnable d'imaginer que dans les zones de peuplement islamique majoritaire, on ne cherchera pas à établir comme des républiques islamiques décentralisées où s'imposera la loi musulmane ? Est-on bien sûr que l'histoire du Kosovo ne pourrait pas se renouveler ?

 
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Écrit par Administrator   
28-01-2009

Ces chrétiens qu'on persécute

Thomas Grimaux, le 21-12-2007

Dans un nombre croissant de pays, le simple fait d’être chrétien peut valoir l’exil forcé ou la mort. Les défenseurs patentés des droits de l’homme ont souvent tendance à l’oublier.

Une série d’événements importants prouvent cette année que le Vatican n’est plus seul à  aborder la question de la survie des chrétiens et à dénoncer leur persécution, souvent  systématique, dans les chrétientés d’Orient et d’Asie. En juin, Doudou Diène, le rapporteur  des Nations unies sur les formes actuelles de discrimination, tirait officiellement la sonnette  d’alarme : « Il y a actuellement une résurgence de cette christianophobie qui, paradoxalement,  a été ignorée dans les débats internationaux. » Le Collège de France venait lui-même  d’accueillir un colloque dont l’intitulé, très universitaire – “Chrétiens du monde arabe :  héritage et avenir” –, signalait un constat lucide, invitant à une réflexion sur ce thème.  Le 15 novembre, c’était au tour du Parlement européen de constater « la multiplication  d’épisodes d’intolérance et de répression vis-à-vis des communautés chrétiennes ». Les  députés européens adoptaient ce jour-là une résolution sur « de graves événements  compromettant [leur] existence ». Le lendemain, un colloque international, placé sous le  parrainage du ministère français des Affaires étrangères, posait cette question en forme  d’alerte : “Quel avenir pour les chrétiens d’Orient ?”
  Après les récents assassinats de pasteurs chrétiens en Turquie (lire page 44) et le procès  stalinien du père Ly au Viêtnam, les insultes antichrétiennes hebdomadaires du président  vénézuélien Hugo Chávez, le bombardement du sanctuaire marial de Madhu au Sri Lanka, les  vexations subies dans tant d’autres pays musulmans, hindouistes ou bouddhistes (notre carte),  le monde commence à s’inquiéter du sort des chrétiens, plus particulièrement là où ils sont le  plus menacés : en Asie, au Proche et au Moyen-Orient.
  Pour Régis Debray, qui s’exprime ce mois-ci dans le Monde des religions, il ne s’agit pas «  seulement de tirer un signal d’alarme mais d’affronter, yeux ouverts, un problème essentiel de  civilisation ». Le philosophe et médiologue est formel : « La question des minorités va  s’imposer à nous comme la grande question du siècle. »
  L’Onu et l’Union européenne en ont déjà pris acte : les persécutions actuelles sont nouvelles  dans leur essence car les persécuteurs sont des partis, des gouvernements ou des nébuleuses  terroristes mettant en application des théories globales. Il ne s’agit plus d’individus isolés – un  dictateur fou comme Néron ou un “paumé” en Belgique qui égorge le père De Leener en juin  2005 – mais d’initiatives coordonnées appliquant des programmes réfléchis. Les actes sont  voulus, prémédités. Ils s’inscrivent dans une stratégie délibérée et cohérente.  On le vérifie dans les trois sources principales du nouvel antichristianisme que sont  l’islamisme, les fondamentalismes hindouistes et bouddhistes, le communisme. Le phénomène  fondamentaliste musulman est depuis quelques années la principale source de ces  nouvelles persécutions. Pour comprendre sa haine radicale du “croisé”, il suffit de lire les  programmes des mouvements les plus en vue, quelle que soit l’aire culturelle ou ethnique  dans laquelle il s’exprime.
  Dans de nombreux pays, la simple lecture de la constitution – établie sur la charia, la loi  islamique – est édifiante. L’Arabie Saoudite est le cas le plus typique. Le culte catholique y  est interdit aux centaines de milliers de chrétiens qui travaillent dans le pays. Ils ne peuvent  même pas se réunir chez eux, pour une simple prière ! Dans le nord du Nigeria, en  Afghanistan, au Pakistan, en Indonésie, en Malaisie, mais aussi en Algérie, depuis la loi  “anticonversion” de mars 2006, la situation est quasi identique.
  En Turquie, tout élève qui parle en classe du génocide arménien de 1915 est passible d’une  punition. L’Église catholique turque demande sa reconnaissance officielle depuis 1970. En  vain jusqu’à aujourd’hui. Pour faire bonne mesure, le gouvernement a confisqué, depuis 2002,  les trois quarts des propriétés du patriarcat oecuménique.  L’église du Saint-Sauveur de Pristina transformée en toilettes publiques  Au Turkménistan, les rares prêtres présents doivent exercer leur ministère en faveur des seuls  ressortissants étrangers. Au Bangladesh, la minorité chrétienne se garde bien de célébrer Noël,  faute de protection policière. Au Kosovo, placé sous la tutelle officielle de l’Otan et de l’Onu,  plus de cent cinquante églises et couvents ont été détruits depuis 1999. À Pristina, la capitale  de la province, l’église du Christ-Sauveur a été transformée en toilettes publiques. Même dans  les paisibles et séduisantes Maldives, les dirigeants doivent être obligatoirement musulmans  sunnites. Le culte catholique y est prohibé.
  Ces pays d’islam ont développé une pensée structurée, à la fois philosophique et théologique,  qui promeut la soumission ou l’élimination de fait, puis de droit, du christianisme. Le  processus est toujours le même, afin d’instaurer un sentiment d’insécurité permanente :  insultes, calomnies (comme dans les manuels scolaires égyptiens ou les BD du Hamas),  crachats au passage du chrétien, menaces.  À Diyarbakir, la grande ville du sud-est de la Turquie, le principal imam a pu clamer dans un  de ses prêches, sans apparemment choquer les autorités : « Les transferts d’organes sont  licites sauf pour les prostituées, les drogués et les chrétiens. » Progressivement, la pression est  telle que les jeunes filles chrétiennes se voient contraintes à porter le voile. Cela se vérifie  depuis quelques années au Liban ou en Palestine
.  Les enlèvements de prêtres ou de simples fidèles se sont multipliés aux Philippines et en Irak,  à la faveur d’une campagne de terreur. « Les chrétiens sont poussés à l’exil pour fuir la  violence de groupes fondamentalistes », constatait le 20 novembre le Secrétariat général du  synode des évêques d’Asie.
  Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, déplore la  situation particulièrement douloureuse des chrétiens au Moyen-Orient : « La proportion des  catholiques a été divisée par dix en Iran depuis 1973 et ne représente plus que 0,01 % de la  population totale. Sur la même période, elle a été réduite de deux tiers en Irak, passant de 2,6  % à 1 %. En Syrie, les catholiques ne constituent plus que 1,9 % de la population contre 2,8 %  en 1973. Enfin, en Israël et en Palestine, elle a été presque divisée par deux, passant de 1,9 %  à 1 %. »
  Ces départs affaiblissent les communautés chrétiennes et réduisent la liberté d’action de  l’Église : « La carence de liberté religieuse se manifeste en particulier par des entraves à la  communication entre communautés de fidèles et évêques, entre les évêques et le pape,  l’interdiction de créer une conférence épiscopale ou l’obtention des visas pour les agents  pastoraux, la limitation de la construction d’églises ou encore l’écartement de la vie publique.  » Le catalogue des persécutions sanglantes en terre d’islam est un long martyrologe. Trop  souvent, il semble laisser indifférent les défenseurs patentés des droits de l’homme.  Le fondamentalisme hindouiste inspire pour sa part des partis politiques importants comme le  BJP (Bharatiya Janata Party fondé en 1980), très puissant dans certains États du souscontinent  indien (Arunachal Pradesh, Orissa, Madhya Pradesh, Chhattisgarh…). Selon leur  résultat électoral, ces partis exercent une forte influence sur les gouvernements locaux ou ils  participent directement au pouvoir politique.
  Leur idéologie vise la restauration de la “pureté originelle” de l’hindouisme (ou du  bouddhisme au Sri Lanka). Cette quête passe par l’exclusion de tout ce qui est chrétien, tout  ce qui est contraire à la “race indienne”. Les actions ne sont pas toujours violentes mais elles  participent d’un “complot” comme l’a dénoncé, dès 2005, l’unique membre chrétien de la  Commission nationale des minorités en Inde.
  Souvent tolérés ou soutenus par le pouvoir central, ces extrémistes veulent “hindouiser” les  esprits. Chaque année, le 25 janvier, ils veulent par exemple contraindre les élèves des écoles  chrétiennes à observer le rite hindou du Surya Namaskar, cette pratique du yoga qui vise à  offrir une prière au dieu soleil. Ils appliquent aux dalits chrétiens une véritable “double peine”  en leur interdisant de bénéficier des avantages inscrits dans la Constitution en faveur des  intouchables. Leur situation est telle que le secrétaire général du Conseil oecuménique des  Églises a crié son indignation : « L’Afrique du Sud a aboli l’apartheid, et c’est un péché de le  pratiquer en Inde au XXIe siècle. »
  Cette stratégie de vexations répétées cherche à habituer les gens aux actes plus violents, même  les plus ignobles, comme les agressions filmées et diffusées à la télévision de pasteurs  protestants en avril et en mai de cette année. La chape de plomb peut alors recouvrir une  région ou tout le pays et les chrétiens entrer dans un tombeau social dont ils ne pourront plus  sortir.
  Bien qu’en retrait depuis une quinzaine d’années, le communisme reste l’une des grandes  forces antichrétiennes de notre monde contemporain. L’ouverture des anciennes archives  secrètes a permis de dévoiler l’horreur subie par les chrétiens dans les anciens pays  communistes. Le “Rapport sur les persécutions religieuses en ex-URSS”, commandé par  l’ancien président russe Boris Eltsine en 1995, avait livré ce chiffre effrayant : 200 000 prêtres  assassinés par le régime soviétique ! Le “mur” du communisme n’est pas encore tombé. En  Chine, au Viêtnam, en Corée du Nord ou à Cuba, la persécution se poursuit.  Le dossier de la Chine est particulièrement lourd, fait de persécutions exercées au quotidien.  Des évêques et de nombreux prêtres sont détenus en prison. On ne sait rien de leur sort exact.  Alors qu’il s’apprête à organiser les jeux Olympiques d’été, en août prochain à Pékin, le  régime communiste a déjà prévu d’interdire aux délégations sportives de se présenter avec  plus d’une bible par personne !

  * Thomas Grimaux est l’auteur de :
  Le Livre noir des nouvelles persécutions antichrétiennes, Favre, 160 pages, 16 euros.

 

 
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